saint Mathurin

Saint Pipe, compagnon de saint Mathurin

La tradition fait naître saint Pipe au hameau de La Leu, près de Beaune-la-Rolande, dans la seconde moitié du IIIe siècle. D’abord berger, il distribua aux pauvres la plus grande partie de ses biens à la mort de ses parents et se rendit à Larchant auprès de saint Mathurin, avec lequel il se prépara au sacerdoce. Mathurin fut ordonné prêtre par l’évêque de Sens Polycarpe, mais Pipe resta diacre. Lorsque Mathurin partit pour Rome, Pipe l’accompagna mais il fut retenu en route par une violente fièvre et dû s’arrêter à Toulouse pour guérir. Parvenu ensuite à Rome, c’est lui qui ramena à Larchant le corps de son ami Mathurin. Il acheva ensuite ses jours en solitaire à Beaune-la-Rolande et mourut au début du IVe siècle.

Comme dans le cas de la légende de saint Mathurin, peu ou pas d’éléments historiques ne viennent étayer cette vie de saint Pipe. Dans la légende de saint Mathurin, telle qu’elle nous est connue, aucune allusion n’est faite à saint Pipe. Dans la traduction de la plus ancienne vie de saint Mathurin, datée du Xe siècle, seuls sont cités, comme accompagnant le corps de Mathurin à son retour pour Larchant, où il fut enterré, le « vénérable diacre Antoine », un jeune homme nommé Félix et deux jeunes vierges, Anastasia et Grégoria. Certains ont supposé que le diacre Antoine et le diacre Pipe étaient la même personne. Il est intéressant de constater que, à l’instar de saint Mathurin à Larchant, un fontaine sacrée, aux vertus curatives, dédiée à saint Pipe, existe près de Barville, non loin de Beaune-la-Rolande.

Le plus ancien texte connu relatif à saint Pipe date de 1462. Ce parchemin, conservé dans la châsse de saint Pipe, relate la visite en l’église de Beaune, le 6 novembre 1462, de Louis de Melun, archevêque de Sens, afin de recueillir auprès de témoins que l’église avait été brûlée par les anglais, que le corps de saint Pipe se trouvait déposé dans une châsse de bois peinte, le « chef » du saint se trouvant dans une autre châsse en forme de tête. Après l’incendie, les reliques furent retrouvées sans avoir souffert du feu, bien que la châsse dans laquelle elles étaient fut réduite en cendres.

Au cours des siècles, de nombreuses processsions eurent lieu entre Beaune-la-Rolande et Larchant, attestant de l’importance des liens qui unissaient ces deux paroisses. L’histoire a retenu notamment celle du 22 mai 1644, où les paroisses de Beaune, Egry et Juranville vinrent à Larchant pour obtenir la pluie à cause de la sécheresse. La pluie se mit à tomber lorsque la procession arriva aux environs de Larchant. Le 29 mai, les habitants de Larchant, à leur tour, se rendirent en procession à Beaune avec les reliques de saint Mathurin. Selon un procès verbal de l’époque, dont la copie est conservée dans la châsse de saint Pipe, l’eau se mit à tomber en abondance lorsque la châsse de saint Mathurin entra avec celle de saint Pipe dans l’église de Beaune. Le 21 mai 1785, vingt-deux paroisses et 8 000 pèlerins allèrent de Larchant à Beaune en procession. Les dernières processions eurent lieu dans les années 1870. Celle de 1871, en période de sécheresse, aurait été suivie d’une pluie abondante, selon les témoignages recueilis.

Larchant

 

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