saint Mathurin

Le culte de saint Mathurin en France

Le culte de saint Mathurin s’est largement développé en dehors de Larchant, principalement dans l’Ouest de la France, en Normandie, Bretagne, Maine, Anjou, Touraine, Poitou, Aunis, Angoumois et Saintonge. La Normandie, à elle seule, renferme 114 localisations où le culte de saint Mathurin est ou a été célébré. De nos jours, les pélerinages de Moncontour ou de Quistinic sont toujours très vivants. A Larchant, la « porte de la Bretonnière » perpétue le souvenir des nombreux pèlerins bretons qui venaient prier saint Mathurin.

Cette répartition du culte du saint a suscité différentes hypothèses. L’une d’elles fait référence aux Trinitaires ou « Mathurins », qui avaient de fréquentes relations avec les localités qui avoisinent les côtes de l’Atlantique et de la Manche. Ils parcouraient en effet le pays pour y ramener les captifs qu’ils avaient délivrés. Plusieurs maisons de l’ordre se situaient en Bretagne et de nombreuses chapelles dédiées à la Sainte-Trinité se sont élevées. La plupart ont disparu à la Révolution. Les Mathurins auraient donc propagé la connaissance et le culte du saint dont ils portaient le nom. Mais cette hypothèse, si elle rend compte de quelques cas, ne peut expliquer les débuts du culte de saint Mathurin. En effet, les Trinitaires n’ont pénétré en Bretagne qu’au XIIIe siècle et ils n’ont pris le nom de Mathurins qu’après leur installation à l’hôpital Saint-Mathurin à Paris en 1205. Or, dès 1180, le nom de Mathurin ou Matelin se rencontre en Bretagne. Dès 1100 les toiliers de Rouen avait comme patron saint Mathurin.

Thoison, pour sa part, privilégie l’hypothèse d’un culte propagé lors de la fuite des moines neustriens, bretons et angevins, chassés de leurs couvents par les invasions normandes. Les reliques des saints bretons furent précipitamment enlevées. Ainsi, les moines bretons apportèrent à Paris le corps de saint Malo en passant par Orléans. D’autres moines arrivèrent à Pithiviers, où ils laissèrent un des os de saint Gau, ainsi qu’à Yèvre-le-Châtel où ce saint fut longtemps vénéré. Les reliques de saint Tudual furent recueillies en partie à Château-Landon. Les moines auraient alors découvert Larchant et son saint vers le milieu du IXe siècle (bien qu’aucune relique de saint breton n’ait – semble-t-il – jamais existé à Larchant).

En Normandie, le culte de saint Mathurin a débuté par la cathédrale de Rouen au XIVe siècle, pour s’étendre au cours des XVe et XVIe siècles. Saint Mathurin y était renommé pour guérir un large éventail d’affections, depuis les états démentiels les plus caractérisés et l’épilepsie, jusqu’aux simples troubles caractériels et même pour les terreurs nocturnes des enfants, où il faisait « concurrence » à saint Gilles.

Le livre d’Eugène Thoison « Saint Mathurin. Etude historique et iconographique » donne la liste des paroisses où le culte de saint Mathurin est présent. Le Cahier Saint-Mathurin n° 1 apporte des précisions (ainsi qu’une carte) du docteur Jean Fournée concernant la Normandie.

 

pdf Saint Mathurin à travers la France

pdfMoncontour 1946-1985 (par Marc Verdier)

pdf Visite à l'église Notre-Dame et Saint-Mathurin de Moncontour (22)

 

saint mathurin statu vernix

Statue en calcaire de saint Mathurin, (en provenance du cimetière de Vernix), présentée dans le cadre de l'exposition "Fragments d'Histoire" à l'abbaye de Hambye (Normandie)