Histoire

Préhistoire

L’art rupestre

La conjonction à Larchant de la présence d’un marais giboyeux, de petites sources (fontaine St-Mathurin), de vastes forêts sur les plateaux et de possibilités d’abris dans les massifs grèseux, permet de comprendre que cette région ait pu attirer les hommes préhistoriques, qui bénéficiaient, au fond de ce « golfe », d’un relatif isolement, à l’écart de la voie de passage que représente la vallée du Loing. Les nombreuses traces laissées dans les abris rocheux du golfe de Larchant, sous forme de gravures – comme dans beaucoup de massifs stampiens du Bassin Parisien – témoignent d’une fréquentation importante à travers les âges. La place de Larchant dans ce monde des gravures rupestres est d’abord liée au fait que cette commune possède, dans tout le Bassin Parisien, le plus grand nombre de cavités ornées, puisque l’on en compte actuellement 105. Un deuxième attrait de ces cavités tient à la variété des gravures qu’elles contiennent, depuis les ensembles de sillons usés qui sont certainement les plus anciens, jusqu’aux patronymes et inscriptions du XVIIe au XIXe siècles, en passant par diverses figurations symboliques d’époques variées, mais qui font souvent partie d’un fonds commun, que l’on peu qualifier d’Européen.

Ces abris gravés se répartissent sur le territoire de Larchant. Le Maunoury, pignon rocheux à l’Est du massif de la Dame Jeanne en dénombre 9. On y trouve notamment un bel ensemble de sillons, une rouelle et une curieuse silhouette incomplète de personnage courant. Le massif de la Dame Jouanne est particulièrement riche, avec 26 abris connus. Le plus célèbre est la « grotte aux Voleurs », qui présente un aspect très dégradé et pollué. On y distingue quand même des incisions assez bien conservées, plusieurs arboriformes et, ça et là, des inscriptions du XVIIIe et XIXe siècles. Le lieu-dit « les Crottes au Fer », située un peu à l’écart dans le golfe, compte 17 abris gravés. Au Sud de cet ensemble, une petite grotte comporte des inscriptions à caractère anecdotique intéressantes, telle « Le 17 février 1843, il a pacé (sic) un loup ici ». Le massif du rocher de la Justice est un chaos rocheux bien connu des varappeurs et des promeneurs, car on y trouve « l’Elephant », gros rocher à trois jambages. Sur la bordure Nord du massif, l’abri de « la Croix du Petit Homme » est classé monument historique depuis 1954 et au Nord-Est, la grande grotte du « Chamois » recèle de beaux ensembles de sillons et quelques grilles. Plus près de Larchant, le massif de « La Roche au Diable » comporte 16 abris gravés, dont la « Cave du Diable » qui comporte, près de son entrée, une gravure de croix en ronde-bosse, d’une facture très rare dans le Bassin Parisien. C’est sur le versant Nord de la Roche au Diable que se situe la grande grotte dite « grotte à la peinture », découverte en 1959 et très étudiée par les préhistoriens.

Parmi ces gravures, une mention doit être faite de la « triple enceinte », dont l’interprétation divise encore les auteurs. Il s’agit de figures faites de trois carrés concentriques, reliés entre eux par leurs médianes. On les rencontre à travers toute d’Europe et également sur certains bâtiments médiévaux (chapelle de Château-Landon, église de Fromont, pour les environs de Larchant). On les trouve aussi sur des documents et tapisseries médiévaux, où elles représentent alors un jeu. On a signalé 22 triples enceintes dans le golfe de Larchant, sont 18 se trouvent à la Roche au Diable. Dans 70% des cas, ces triples enceintes sont placées de telle façon que l’activité ludique y est impossible. Certains ont donc supposé qu’il s’agit d’une image symbolique, comme l’invocation des éléments terrestres par les éléments célestes. La liaison entre cette figure et l’important pèlerinage médiéval à saint-Mathurin de Larchant a également été supposée. Mais cette liaison reste hypothétique.

 

(d’après François Beaux, Larchant 10 000 ans d’histoire)

 

 

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