Histoire

grotte peinture larchant

La grotte à la peinture

En bordure du plateau grèseux, dans la partie Ouest du « golfe » de Larchant, sur le flanc Nord du massif de la « Roche au Diable », une grotte découverte en 1959 et fouillée sommairement à cette époque, a été l’objet de fouilles archéologiques au début des années 1980 par Jacques Hinout et son équipe. Cette grotte est connue sous le nom de « Grotte à la peinture » car des traces de couleur ocre – sans doute des traits digitaux – ont été relevées sur le plafond de cette grotte. La grotte domine la cuvette marécageuse du Marais, dépression fermée propice à la pêche et à la chasse et qui devait couvrir, à l’époque mésolithique, une superficie importante, de l’ordre de 300 ha.

L’établissement permanent d’hommes sur le site de Larchant s’accomplit autour de – 10 000 ans avant J.C. Auparavant, les rares trouvailles effectuées montrent quelques passages de chasseurs du paléolithique moyen (- 70 000 ans). La fouille méthodique des différentes couches archéologiques de la grotte à la peinture a permis de reconstituer le climat et les activités des hommes qui vivaient là, depuis l’époque du mésolithique jusqu’à l’âge du fer et même plus récemment jusqu’au gallo-romain et au Moyen Âge. Au mésolithique, le climat de Larchant était assez doux, favorisant un environnement boisé à dominante de noisetiers. Des coquilles de noisettes calcinées, datées de – 7 000 ans, ont été retrouvées en grand nombre dans les restes de foyers. La forêt abritait des animaux qui constituaient la nourriture des hommes et dont les ossements analysés proviennent de cerfs, chevreuils, sangliers et lièvres.

Au mésolithique, l’outillage comprend uniquement des pièces de silex que Jacques Hinout rattache au Sauveterrien (du site de Sauveterre-la-Lemance dans le Lot). Ce sont surtout des petits silex, fabriqués selon la technique des micro-burins par segmentation de petites lamelles, ce qui donne des pièces de forme géométrique, destinées à être enchâssées dans des éléments de bois, qui évoluèrent vers des pointes de flèche véritables. Certains outils servaient à préparer les peaux : grattoirs et racloirs. Enfin il faut signaler les tracoirs qui servaient à tracer les sillons sur les blocs de grès et sur les parois des grottes.

Un intérêt majeur de cette grotte est également d’avoir permis d’attribuer certaines des gravures qui s’y trouvent à l’époque mésolitique. En effet, un bloc de grès présentant des sillons gravés et un gros bloc monolithe entièrement gravé étaient en contact avec la couche mésolithique, où furent retrouvés à la fois les outils ayant servi à graver, et des restes d’activité humaine (armatures d’armes en silex, foyers, restes de faune).

 

D’après le bulletin de l’Association Culturelle et les publications de l’équipe de Jacques Hinout

 

 

Larchant, mérelle

 

De nombreuse mérelles sont gravées sur les rochers