Histoire

Larchant gallo-romain

Certains auteurs ont supposé que Larchant était un ancien lieu de culte des eaux, analogue à celui qui se trouve près de Sceaux en Gâtinais, l’antique « Aquis Segeste » de la table de Peutunger (copie au Moyen Âge d’une carte du monde romain). Dans le cas de ces sanctuaires, des aménagements concernaient la gestion de l’eau (comme Grand dans les Vosges, Châteaubleau en Seine et Marne, ou Sceaux en Gâtinais), un réseau de canalisations drainaient les eaux réputés curatives. De telles installations comprenaient généralement, à l’époque où elles étaient utilisées, outre une petite agglomération abritant une population sédentaire, des thermes, un lieu de culte et un théâtre.

A Larchant, un tel site – au lieu-dit « la Haie Fleurion » se trouvait vraisemblablement entre l’extrémité des faubourgs actuels du village et son cimetière, route de la Dame Jeanne, en bordure du Marais deLarchant. Ce gisement, prospecté à plusieurs reprises depuis la fin du XIXe siècle, s’étend sur plusieurs hectares. Les terres de culture ont, à cet endroit, une teinte particulièrement foncée et sont abondamment parsemées de morceaux de tuiles romaines plates à rebords ou cylindriques, ainsi que fragments de poterie commune et sigillée.On découvrit aussi en ce lieu des substructions en pierres sèches, constituées de blocs de grès. Le long de l’une d’elles, on découvrit à la fin du XIXe siècle, un nombre important de céramiques sigillées, dont une partie devenue noire, sans doute sous l’action du feu, reposait sur une couche de cendres. Ceci accrédite l’hypothèse selon laquelle le sanctuire de Larchant, comme beaucoup d’autres à cette époque, aurait été détruit dans la seconde moitié du IVe siècle. Le diagramme chronologique des monnaies trouvées à Larchant montre quelques monnaies entre le 1er siècle avant JC, jusqu’à la première moitié du IIIe siècle, puis une grande abondance des monnaies pour la période de 250 à 400 ans après JC.

On peut conclure qu’il y eut une occupation gallo-romaine à Larchant. Sur le site de la « Haie Fleuron », certains indices semblent révéler un ou plusieurs édifices, peut-être de grande taille en dur (présence d’élements peints). Ce site a sans doute connu une période de prospérité durant le Haut Empire, comme en témoigne l’abondance du matériel provenant d’horizons variés et parfois éloignés de Larchant, avant de disparaître avec la fin du Bas Empire. Cette implantation bénéficiait pour cela de la proximité d’un important réseau de communication : les grandes voies Paris-Sens et Orléans-Sens, et des voies secondaires comme la voie Le Mans-Sens, le « Chemin des Bœufs », entre Pithiviers et Briarres-sur-Essonne et la voie de Paris à Château-Landon et Sceaux du Gâtinais.

 

D’après Jean-Claude Larsonneur (Bulletin de l’Association Culturelle)
et Anne-Sophie Leclerc (Larchant 10 000 ans d’histoire)

 

Larchant, Squelette   âge du Fer

Squelette découvert lors de fouilles préventives - âge du Fer