Eglise de pélerinage

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Les pélerinages

D’après le livre de Marc Verdier

On manque de renseignements précis sur les débuts du pèlerinage qui se développa sur le tombeau de saint Mathurin. On sait que dès  le début du XIe siècle, des chartes nous détaillent des biens et possessions importantes venant de nombreux donateurs. En 1324, le pèlerinage était si florissant que les chanoines utilisèrent une partie des offrandes pour subvenir aux besoins des clercs de Notre-Dame de Paris. La cure de Larchant fut unie à la mense capitulaire et les revenus affectés à « l’office de la chambre ». Le renom de Larchant se développa au cours du Moyen-Âge, ce qui se traduit par la mention de Larchant et de saint Mathurin dans plusieurs Chansons de Geste. C’est la foule des pèlerins qui rendit nécessaire la construction d’une grande église. L’apogée du pèlerinage culmina vers la fin du Moyen-Âge, à partir du XIIe siècle. On venait demander l’intercession de saint Mathurin pour la guérison des fous et des possédés. L’ancienne route du Midi passait à côté du village et de nombreux voyageurs s’arrêtaient auprès des reliques du saint. Des « chemins de saint Mathurin » existent dans toute la région. L’une des rues voisines de l’église s’appelait « rue de la Bretonnière », sans doute parce que des bretons la fréquentaient. Le culte de saint Mathurin s’est d’ailleurs répandu dans l’ouest de la France et, de nos jours, ce culte est resté très populaire en Bretagne (notamment à Moncontour et…). Les registres paroissiaux conservent la trace de plusieurs pèlerins de Compostelle s’arrêtant à Larchant et y décédant. Plusieurs rois vinrent à Larchant : Charles IV en 1325, Louis XI en 1467, Charles VIII en 1486, François 1er en 1519 et 1541, Henri II en 1551, Henri III en 1587 et Henri IV en 1599.

Il y avait à Larchant plusieurs châsses contenant les reliques du saint. Les évènements tragiques que Larchant et son église eurent à subir dispersa ces reliques et la Révolution acheva de faire disparaître ce qui restait. Dans la châsse actuelle ne subsistent que de menus fragments donnés, sous la Restauration, par le curé de Nargis. La châsse était descendue lors de fêtes, dont le nombre et la date ont changé au cours des siècles. En 1724, un maître d’école de Larchant en mentionne quatre : le 8 novembre, fête du saint, le 10 mai, fête de la translation avec procession à la Fontaine, le dimanche après la saint-Denis, en octobre, et surtout le mardi après la saint-Barnabé, en juin, jour de la grande procession annuelle dite « du Tour de la Châsse ». A cette occasion, la foule sortait avec les reliques et parcourait les villages environnants. La procession partait de Larchant au milieu de la nuit et n’y revenait que tard le soir. Des processions se faisaient également avec les villes alentour, notamment avec Beaune-la-Rolande qui vénère saint Pipe, compagnon de Saint Mathurin selon la légende, en périodes de sécheresse, pour appeler la pluie.

Le pèlerinage disparut après la Révolution et quelques prêtres et fidèles tentèrent de le faire revivre au début du XXe siècle. La tradition fut reprise après la guerre de 1914 et, de nos jours, le lundi de Pentecôte se déroule une cérémonie pour honorer saint Mathurin.

 

ail des champs

Le pélerinage de
saint Mathurin