Eglise de pélerinage

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Histoire de Larchant

D’après le livre de Marc Verdier « L’église Saint-Mathurin de Larchant », avec ajouts à faire d’après les articles de Henriet

La tradition rapporte qu’une chapelle fut édifiée au-dessus du tombeau de saint Mathurin. Cette chapelle exista jusqu’au XIXe siècle, où elle fut vendue comme bien national. Au début du XIe siècle, la terre de Larchant fut donnée en 1005 au Chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, par son évêque, Renaud de Vendôme, qui l’avait reçue en héritage. Dès cette date, les textes font mention d’un culte rendu à saint Mathurin en ce lieu, peut-être dans la chapelle ou dans une église antérieure qui reste à découvrir.

L’église actuelle commença à être édifiée dans la seconde moitié du XIIe siècle. La date du 18 octobre 1176 mentionne la translation dans l’église de la châsse de saint Mathurin, ce qui ne signifie pas que l’église était achevée, mais que l’on voulait créer un événement permettant de poursuivre les travaux. Le chœur et le transept, ainsi que la nef, furent achevés au début du XIIIe siècle et, le pèlerinage se développant, on pris la décision d’ajouter au plan primitif, très simple, en forme de croix, une tour-clocher. Plus tard, au cours du XIVe siècle, on ajouta de chaque côté du chœur une chapelle (la chapelle de la Vierge) et une sacristie, ce qui nécessita des travaux importants pour modifier le monument. En 1407, le gros oeuvre de l’église était achevé, sauf le dernier étage de la tour. On pensa à ce moment faire la dédicace de l’église. Mais les évènements de l’époque allaient en décider autrement. En juin 1416 Isabeau de Bavière fit faire des prières et un pèlerinage à Larchant, pour Charles VI ou le dauphin et ensuite, débuta la guerre de Cent Ans qui allait ravager le Gâtinais et laisser ses campagnes presque complètement dépeuplées.

Les pèlerinages reprirent à la fin du XVe, avec l’achèvement des grands travaux de l’église. Après ces bouleversements, le Chapitre et les habitants pouvaient espérer vivre des années paisibles. De terribles épreuves les attendaient. Le 30 juin 1490, un incendie allumé par la foudre se déclara dans la couverture de l’église et se propagea au village. Des réparations importantes furent nécessaires, puisque la date de 1555 que l’on voit  sur le portail de la tour, marque probablement une étape importante de ces travaux. En 1505 on put enfin faire la dédicace de l’église. S’en suivirent une cinquantaine d’années, sans événement tragique, bien que l’insécurité continua à subsister : les habitants obtinrent l’autorisation de fortifier leur ville. Les guerres de religion allait donner un coup fatal au monument. Le 25 octobre 1567, Guillaume de Beaumont, chevalier du Boulay, entra dans Larchant et pilla l’église. Les ornements, les livres, les vases sacrés, les reliques, tout fut emporté ou détruit. L’année suivante, le comte de Montgomery incendia l’église : les charpentes furent brulées, la tour et les murs furent démolis en plusieurs endroits, laissant l’église dans un état de ruine.

D’énormes travaux de reconstruction furent nécessaires. Mais le déclin du pèlerinage rendit difficile la mobilisation des sommes nécessaires à cette opération. Suite à un ouragan, fin 1585, qui occasionna de nouveaux dommages aux couvertures, on prit la décision d’abandonner la moitié de l’église (la nef ruinée actuelle) et de construire un grand mur au milieu de la nef. Mais les inquiétudes subsistaient quant à la solidité de l’édifice  et l’insécurité ajoutait à la détresse des habitants. Le 30 mai 1641, un régiment sous les ordres du baron de Tot entra dans la ville, tuant 80 habitants, y compris dedans l’église elle-même. La suite n’est qu’une litanie de catastrophes : exactions du baron d’Entragues en janvier 1652, ouragan en juin 1654, foudre et incendie en 1674. Le 25 septembre 1675, ce fut le désastre final : vers quatre heures et quart après midi, tout le pilier nord-ouest de la tour s’écroula, ruinant le reste de l’édifice. Il fallut de nouveau colmater les dégâts et réparer ce qui pouvait l’être. Larchant n’était plus qu’un village dont la population avait diminué de moitié depuis le XVIe siècle. Les jours fastes du pèlerinage étaient oubliés depuis longtemps.

On songea même, en 1827, à vendre la nef ruinée comme carrière de pierre, mais les acquéreurs renoncèrent fort heureusement devant la difficulté de la tâche. En 1840, l’église fut interdite aux fidèles, à cause de risques d’écroulement. Un rapport alarmant fut rédigé et Prosper Mérimée classa l’église comme monument historique en 1846. Des travaux urgents et rapidement conduits furent faits en 1869 et l’église fut rouverte le 15 août 1870. Mais il fallut attendre la fin de la guerre de 1914 pour voir un campagne importante de travaux commencer, sous la direction d’Albert Bray : les poutres et la croisée du transept furent refaites en ciment armé, les couvertures furent reprises et les voûtes du choeur et de la chapelle de la Vierge furent reconstituées. On rouvrit des fenêtres murées et l’appareillage de la tour-clocher fut consolidé. Un demi-siècle plus tard, l’église donnait encore des signes inquiétants en plusieurs endroits, dont des chutes de pierres. Une mobilisation prit corps et l’Association Culturelle fut créée. Sous la maîtrise d’œuvre de Jacques Moulin, plusieurs campagnes successives de travaux furent entreprises. Actuellement, un quart de siècle plus tard, l’essentiel du gros œuvre sera consolidé, lorsque la dernière tranche en projet, la consolidation du pignon ouest du transept nord, sera achevée.

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Eglise saint Mathurin de Larchant