Eglise de pélerinage

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Le Chapitre de Notre-Dame de Paris

Le destin de Larchant s’engagea pour les huit siècles à venir quand, en 1005, Renaud de Vendôme (Renault ou Rainaud), évêque de Paris, fit don au Chapitre de sa cathédrale de la terre de Larchant. Le 2 décembre de l’année suivante, une charte du pape Jean XVIII confirmait ce don.

A partir de cette date, l’histoire de Larchant a été étroitement liée à celle du Chapitre de Paris. Il est mentionné dans ce texte du début du XIe siècle, que cet alleu de Larchant, situé dans le pays et comté de Gâtinais, est confié à l’église Notre-Dame de Paris, avec les « forêts, domaines, petits domaines, vignes, prés, terres cultes et incultes, avec l’église dédiée en l’honneur de saint Mathurin, et avec toutes ses dépendances » par Rainaud, évêque de Paris, pour obtenir le pardon des fautes commises par ses parents, « le Comte Bouchard et sa très estimée épouse Elisabeth ». Il semblerait que le don que fait Renaud à son Chapitre, lui venait plutôt en héritage de sa mère Elisabeth et non de son père, le comte Bouchard car les textes mentionnent qu’Elisabeth, la femme de Bouchard, appartenait à la famille « Le Riche », et qu’elle était dénommée « Dame de Sceaux (en Gâtinais) et de Larchant ». Avec l’appui de son père, ami d’Hugues Capet, la carrière de cet évêque Renaud fut fulgurante : chancelier de France à 15 ans, le 20 juin 989, évêque de Paris à 17 ans, en 991. Pourtant, bien qu’étant le seul héritier mâle de Bouchard 1er, le comté de Paris ne lui échoit pas. Mais cette charge va disparaître avec l’évènement d’Hugues Capet et ses successeurs.

La fondation du Chapitre de Paris eut lieu vers 754. Après sa réforme par Charlemagne, le clergé épiscopal fut regroupé auprès de l’église Notre-Dame en un « cloître » clos de murs, à l’intérieur duquel on autorisa bientôt les chanoines à se loger dans des maisons particulières. Si, de droit, tous les chanoines sont nommés par l’évêque, ce n’est pas lui qui dirige le Chapitre, c’est, sous la haute autorité de la papauté, le doyen du Chapitre qui préside à ses activités. Le Chapitre est en effet directement rattaché au Saint-Siège. C’est sans doute la principale explication de la valeur et de l’autorité du Chapitre cathédral de Paris. Le doyen a charge d’âmes. Il préside les réunions capitulaires qui se tiennent chaque semaine. Le deuxième dignitaire du Chapitre est le chantre, spécialement chargé de tout ce qui concerne le chant des offices et aussi de l’enseignement des « petites écoles » (écoles primaires) dans tout le diocèse. Après lui vient le sous-chantre, puis trois archidiacres. Pour Larchant, l’histoire a retenu les noms du doyen Barbedor, sous le décanat duquel la décision de construire l’église de Larchant fut prise et du doyen Hugues Clément, qui joua un grand rôle à la fin du XIIe siècle dans l’édification de cette église de pèlerinage. Les textes signalent également le préchantre Albert, qui possédait des biens à Larchant au XIIe siècle.

Le Chapitre de Notre-Dame allait donc jouer, en tant que seigneur de Larchant, un rôle primordial à Larchant jusqu’à la Révolution française, notamment par rapport à l’église de Larchant, dédiée à saint Mathurin et siège d’un très important pèlerinage. Au XIVe siècle, ce pèlerinage était si florissant que les chanoines estimèrent pourvoir distraire une partie des revenus de la paroisse pour subvenir aux besoins des clercs des matines de Notre-Dame de Paris. En 1334, la cure de Larchant fut unie à la mense capitulaire et ses revenus affectés à « l’office de la chambre », dont une des fonctions était de distribuer quotidiennement le pain aux chanoines et clercs qui assistaient aux offices de Notre-Dame. A Larchant, il n’y avait qu’un « vicaire amovible » (c’est-à-dire révocable par le Chapitre). Ce n’est qu’à partir de 1663 qu’un « vicaire perpétuel » fut nommé.

A la Révolution, les biens du Chapitre furent vendus et dispersés. Notamment la ferme du Mont Mathurin, vendue le 21 mars 1791 à Dosne, secrétaire du Roi à Paris et le Marais, vendu le 6 novembre 1820 à Louis François Sanson de Nemours. Les textes sont muets sur le devenir de l’ancien fief de la Madeleine. La chapelle Saint-Mathurin, vendue en août 1796, appartenait à la cure de Larchant.

D’après Marc Verdier, "l’Eglise Saint-Mathurin de Larchant" et" Cahiers Saint-Mathurin

D’après Anne-Marie Joly," Larchant 10 000 ans d’histoire"

 

Larchant ferme du chapitre

La ferme du Chapitre, carte postale, dessin de Edwards