L’origine du nom de Larchant

S’il est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre, qui a nourri bien des supputations, c’est bien l’origine du nom de Larchant. Alors que la plupart des villages qui nous entourent possèdent l’étymologie de leur lieu (souvent des noms d’hommes germaniques ou latins), Larchant donne toujours lieu à des hypothèses.

Le Dauzat relève « Largus Campus » (large champ) dans un document de 1005 et Liricantus en 1040. Cet auteur décrète que « Liricantus » serait une fantaisie de scribe. Mais, depuis il a été montré que l’acte daté de 1005, était un faux (ou un faux-vrai), rédigé vraisemblablement au début du XIIe siècle. Les actes autour de l’an mil mentionnent l’orthographe « Liricantus ». D’ailleurs, les habitants de Larchant sont des Liricantois.

Les villages aux alentours sont cités par rapport à Liricantus. Par exemple : « Oe, versus Liricantus », à propos du Vaudoué, « Bussiacum quod justa Liricantum situm est », à propos de Boissy aux Cailles, « Villa qui dicityr Regine super Liricantus » à propos de la Chapelle-la-Reine.

Un membre de la Société de Mythologie Française, Jean-Paul Lelu rappelle que le nom de Larchant « Liri-cantus » peut être rapproché de celui de Cachan (Val-de-Marne), « Cati-cantus », avec une même racine celtique « cant » qui signifierait le flanc d’une colline, le bord d’un cercle ou d’une roue. Cela ferait référence à la situation du village de Larchant, au centre d’un « Golfe » et peut-être à une source sacrée située sur le flanc d’une colline.

Quant au préfixe « Lir », plusieurs auteurs ont noté que Larchant et la vie de saint Mathurin recèlent certains aspects pouvant se rapporter à une divinité païenne ; peut-être, selon Patrice Lajoye, le dieu Ligure Lero. Bernard Sergent rapproche par ailleurs le nom du héros Lerôn dont Strabon localise le sanctuaire sur une île Massaliote (l’île de Lérins), de la forme celtique ancienne du dieu Lir : Lero. Par ailleurs la légende de saint Mathurin précise qu’au cours de son voyage à Rome, après avoir apaisé la tempête, le saint fait escale sur l’une des îles Lérins pour se recueillir sur le tombeau de saint Honorat. On trouve ici une correspondance qui renforce l’hypothèse proposée à l’origine par J.P. Lelu, associant Larchant au dieu de l’océan, Lir.

Claude Maumemé

Michel Lepage